ARCHIVE
 
Maggio 2005
 

En occasion de ma collaboration avec le Societé de Régates Rochelaises
(www.srr-sailing.com) avec le texte écrit par Gilles Pernet dans le bouquin vous présentons aussi ce texte ci écrit par Daniel Couturier :

FRANCO COSTA

« Combien de choses l’artiste doit avoir vues » s’écrie Diderot !
Mais savoir voir la vie qui passe n’appartient qu’à très peu.
Franco COSTA, lui, regarde passer tout le monde intellectuel et artistique de la planète depuis sa plus tendre enfance. Né à Rome en 1934, il montre très tôt un précieux talent de musicien qu’il développe auprès du Maître Amedeo Materassi à l’Académie Ste Cécile de Rome dans la classe de violon. Puis il étudie le français et la littérature à Genève, l’architecture au Polytechnicum de Zürich, enfin il s’inscrit à l’Ecole des Arts et Métiers à Paris.
Il voyage en Provence où il rencontre Nicolas de Staël, Picasso, Matisse, Le Corbusier et bien d’autres artistes en renom.
En lui, dès cette période des années 50, se développe le désir impérieux d’être peintre et architecte.
A la mort de Nicolas de Staël, il part pour l’Amérique du Sud, l’Argentine, le Brésil, où il collabore aux travaux de Brasilia que dirige son oncle Lucio Costa ; rencontres avec Che Guevara, Kantor, Hugo del Carril.
De 1960 à 1964, il voyage aux Etats-Unis présentant ses œuvres dans de nombreuses villes.
Puis il s’intéresse à la mode, travaille pour Dior, Lancetti, Grès et Valentino, avec Cécile Beaton à Londres où, en 1966, se tient sa première grande exposition à la « London Arts Gallery ».
Il voyage encore en Ethiopie, en Chine, aux Indes, au Népal afin de se pénétrer des arts d’Orient, publie un premier livre consacré à la vie de l’Empereur Theodoe II.
En 1968, il est le collaborateur de Fellini pour le film « Julet of Spirit », retourne aux USA où il expose à New York à la Galerie Rizzoli.
A partir de 1971, tout s’accélère, il peint, dessine, « écrit, côtoie théâtre et cinéma, expose à Milan (Galerie Levi) à Copenhague (Galerie Erling Hagfelt) en Suède à la Bibliothèque Lidingo ».
Il écrit le scénario d’un film « Oh ! Che Felicita » qu’on tourne à Paris en 1974.
A Rome, il expose « Arte Vita Due » puis présente des œuvres à l’exposition de l’Année de l’Enfance dans le cadre de l’UNICEF, thème qui retient tout particulièrement son attention. Il est présent à New York, à Göteborg et à l’université de Montréal avec cet organisme.
En 1980, il est officiellement reçu peintre de « l’América’s Cup » qui lui apporte la notoriété aux USA par la large diffusion de ses trois affiches.
Ses attaches en Suède et sa notoriété mondiale le font appeler par Volvo pour créer le logo du Grand Prix de Tennis patronné par cette importante firme à monaco.
Puis, dans la foulée, il réalise des affiches pour d’autres sports dans la ligne de l’América’s Cup : ski acrobatique, jumping, motos.
C’est lui qui dessine l’affiche de Green Peace en Suède puis est rappelé pour couvrir l’America’s Cup en 1986\1987 qui se déroule en Australie qu’il découvre, frappé par la beauté des sites et la variété de la flore d’un continent peu connu.
Il peint un nombre incroyable de toiles de fleurs et crée après 2 affiches pour le Yacht Club Costa Smeralda.
1988, retour à Rome où il organise le « Salon de la Mer ». Il est nommé peintre officiel de la Régate Baltic Match Race en Allemagne du Nord.
1989 - 1990, il dessine des affiches, aujourd’hui célèbres, pour San Diego où il retrouve le vainqueur de l’América’s Cup, Dennis Conner, déjà rencontré en 1980 à Newport, R.J.
Il travaille ensuite pour BMW, pour le Champagne Mumm, pour Renault (formule 1), pour Volvo, travaille pour les villes de Kiel, Hambourg et Stockholm, décrit le schlewig holstein, crée l’affiche pour les Jeux Olympiques d’Albertville ; aussi crée l’affiche des régates aux jeux olympiques de Barcelone, dernièrement il conçut 3 modèles de girouettes et des paravents.
Voici donc très succincte la carrière de Franco COSTA, et croyez bien qu’il sut voir et regarder
Les premières impressions de la jeunesse pétrissent l’âme en fixant à jamais la forme ineffaçable de l'empreinte. Epris d'air et de lumière dès son enfance, le voici qui retourne à la mer où l'appelle et le guide son impétueuse et despotique indépendance en matière d'art.
Il n'y a pas de hasard de talent. Le sujet c'est l'artiste, l'artiste qui doit regarder en lui avant de regarder à l’entour, ayant deviné, compris.
Goethe disait « les lois incodifiables du Beau, innées, portent la pensés à créer l’inoubliable ».
Les oeuvres de Franco CQSTA sont inoubliables car dans leurs simplicités apparentes palpitent des sensations vécues qui en font la valeur et qu'on nome l'originalité.
Réflexe de sa personnalité sans cesse en ébullition et de sa joie de vivre, possesseur né d'une personnelle manière variée à l'infini, protéiforme, il sait maintenir l'élan de sa spontanéité dans l'épuration des lignes et la justesse des aplats « sans rien omettre ni rien mettre », se gardant d'amplifier, se méfiant des raccourcis mais homme des lumières les plus audacieusement éclatantes.
Jusqu'à l'avènement de l’impressionnisme, la peinture était discursive, narrative, art des préparations, des enchaînements, des développements et des aboutissements.
Franco COSTA n’a admis de poésie réelle que dans les rapports flattant l’imagination, la sensibilité nerveuse, mais, et là est son originalité, avec un souci de logique : logique interne étant inspirée par le prolongation suffisante d’un même état moral ou physique caractérisé et un malgré sa subtilité et sa complexité.
L'intuition de celui qui regarde, devine alors les liens absents, source de beauté et but recherché d’émotions nouvelles.
Les toiles de Franco C0STA sont en ce sens source d'émotions nouvelles que l'amateur cherchera à recréer chaque fois qu'il rencontrera une de ses oeuvres, aboutissant à l'envie impérieuse d'en avoir une sous les yeux.
Chaque tableau vient à vous et s'imprime dans la mémoire isolément, renforçant singulièrement son sujet, ville, bateau, paysage, fleur, résolutions exceptionnelles indiquant non une façon de vivre, mais entraînant le lecteur dans une méditation singulière planant hors du temps et des frontières.
Ce qui est intéressant dans l'oeuvre de Franco COSTA c'est qu'il apporte à l'amateur plus intuitif que technicien une lecture claire, appuyée, répétée, espacée, attire son attention par ses effets nouveaux ainsi mis en valeur.
Je suis persuadé que le jeune violoniste qu'il était fut ému par la musique. C'est qu'il échappait alors à la tyranie du fonctionnement habituel de sa pensée et de sa raison atteignant ainsi la grâce, état qu'il sut conserver intacte et que la vie se chargea de transformer en bonté. « Mes images (se plait?il à dire) réunissent la fraternité de l'homme », un homme qu'il croit bon et généreux comme lui, pour lequel il veut donner, oeuvrer et partager. Un homme qui aime éperdument la Nature et qui se trouve aujourd'hui en désaccord fondamental avec la Société.
C'est pour cela qu'il s'attache à sublimer son prochain dans ses actes de dépassement, le sport, en un lyrisme spécial dont il a le secret. Ce graphisme rigoureux, ces larges aplats, c'est la langue à saveur étrange qu'il a trouvée pour rendre ses sentiments.
Mais ne nous y trompons pas, Franco COSTA à l’intelligence mûre et pénétrante dont la bonté est le principe du tact, étonnant exemple de l'autonomie du moi dont les oeuvres, qui donnent un sentiment de force calme, est un être fragile lorsque sa personne réelle rentre au contact de la réalité. Sensible aux signes, il connait la stupeur qu'inspire la condition humaine contemplée un instant dans toute son étrangeté, avec ses risques, son anxiété entière, sa beauté et ses décevantes limites.

L'oeuvre de Franco COSTA qui compte plusieurs créations: huiles, acryliques, lithographies, vitraux, tapisseries, céramiques, sculptures en bois ou fondues en bronze, forme un immense kaléidoscope dont l’unité est à la fois dans l’intention et dans une relation en quelque sorte musicale entre des aventures spirituelles uniques faites d’échos, de rappels et de thèmes entre?croisés dont la portée esthétique n'échappe à personne.

Cet ouvrage présente aujourd'hui quelques oeuvres de Franco COSTA détachées de ce grand ensemble, lithographies et toiles, certain que la vie des images plus chargées d’affectivité que la vie des idées appose une constante vers laquelle se penche plus volontiers tout homme en quête d’un refuge accueillant, fenêtre ouverte sur le rêve !

Daniel Couturier